Voyage à vélo couché de 1 an à la découverte des agricultures et alimentations de la Mongolie, Chine, Kirgiztan, Ouzbekistan, Turkmenistan, Iran, Arménie, Géorgie, Turquie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Autriche, Allemagne, France, découverte, vélo, couché, bent, cyclotourisme, cyclo

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"La vie est un voyage, il suffit d'être prêt pour que l'occasion se présente" [proverbe mongol]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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... postées en Arménie


En quittant l'Armenie

Nous avons finalement quitte Yerevan le dimanche 19 fevrier au petit matin. Apres deux mois et demi de pause, c'est le bonheur de retrouver nos fideles montures et de pouvoir de nouveau aller a la rencontre des gens le plus simplement possible. Et ca ne ce fit pas attendre.

On nous avait prevenu que la neige serait au rendez-vous, elle le fut ! On nous avait dit qu'il ferait froid, il a fait tres froid ! Et encore une fois les gens nous ont reserve un accueil formidable chaque soir alors que la nuit tombait, le thermometre avec !

Trois jours pour rejoindre la frontiere Georgienne au milieu d'un paysage en monochrome, blanc de blanc de neige. Nous remontons vers le nord pour rejoindre Gyumri en traversant des terres qu'on imagine arides et rocailleuses le reste de l'annee et ou surgissent, ca et la, de grands vergers de pechers ou abricotiers. Nos organismes, le soleil radieux aidant, se rechauffent vites dans les montees successives qui nous conduisent a plus 2100 metres ou se trouve le poste frontiere.

Trois jours pendant lesquels nous nous demandons ou nous allons dormir le soir. Pour la premiere fois du voyage, nous faisons la demarche d'aller volontairement vers les habitants pour s'enquerir d'une petite place ou dormir tant le froid est intense des le soleil disparu. A Gyumri, nous errons un moment dans la ville et sa banlieu avant de croiser un couple qui nous proposent un toit. Et quel toit ! Celui la meme sous lequel ces deux personnes ont vecu pendant 15 ans, suite au tremblement de terre qui devasta la seconde ville du pays. En tout et pour tout une piece de 8 m2 ou trone un poele a bois. Eux logent maintenant dans des logements neufs et modernes. Ce geste autant que le feu de bois nous rechauffent le coeur et les doigts de pieds. Car dehors le thermometre frise les -23. Et dire que nous avions envisager dormir sous la tente...

Pendant la journee, le soleil rechauffe suffisament la neige pour qu'elle se transforme en eau mais, des le soir, le piege de glace se referme sur nos montures et une gangue de glace emprisonne freins, derailleurs et jantes. Nous profitons des soirees pour demonter les roues et faire fondre la glace aupres du feu.
Les pieges sur la route, verglas ou neige molle, nous obligent parfois a pousser dans les montees ou sur les plats. Nous tombons chacun a plusieurs reprises sans autre degat que quelques frayeurs.


Arrive la frontiere Georgienne le 22 fevrier. Nous laissons derriere nous cette terre Caucasienne qu'est l'Armenie. Beaucoup de monde nous a dit qu'il faudrait revenir en ete pour avoir l'autre visage de ce pays qui, vous l'avez lu dans notre news precedente, ne nous a pas enthousiasmes.

Certains nous ont reproches de ne parler que des cotes negatifs, de ne pas evoquer son passe glorieux, ses eglises si typiques, l'hospitalite de ses habitants... non, car un texte de voyage est necessairement subjectif, il est le reflet d'un vecu, de ressentis... il est UNE realite parmi d'autres.

En fait, ecrire ce que l'on peut lire dans tous les guides de voyage ne nous interesse pas.

Adieu Armenie... tu nous aura aussi beaucoup appris !

Ariane & Xavier (Arménie, le 14/03/2006 )


Impressions d'Armenie

Et hop, nous entrons en Arménie début décembre ! La pause hivernale se profile à l’horizon, ainsi que la découverte un peu plus approfondi de ce pays peu connu, la plus petite république de l’ex-URSS. Nous traversons la rivière Araks, qui fait office de frontière naturelle entre l’Iran et l’Arménie et replongeons d’un coup dans l’ambiance post-soviétique : Lada, on parle russe mais Arménien avant tout, nombreux immeubles en pietre état, nos produits adorés !! sont la: soda Fresca, ce beurre qui n’en est pas un maslo, les tablettes de chocolats parés de photos de belles blondes ou d’enfants aux airs angéliques.

Non, 7 semaines n’auront pas suffit de nous convaincre du charme de l’Arménie.
Est-ce parce que nous arrivons de l’Iran et nous avons encore en tête cette hospitalité extraordinaire ? Sommes-nous fatigués du voyage ? Est-ce le gris et le froid de l’hiver qui nous assaillent ? Apres mure réflexion, on doit reconnaître que non, nous avons toujours la curiosité et la soif de rencontre, le plaisir de la découverte. Qu’elle est donc alors ce syndrome pesant qui nous envahit dès les premiers kilomètres dans le pays ?

Pour certains, nous serons sûrement durs avec l’Arménie et les Arméniens. C’est simplement ce que nous avons ressentis, une opinion parmi d’autres et d’ailleurs, devrais-t-on toujours dire de belles choses dans les carnets de voyage ?

Commençons par... ni le commencement ni la fin ! Voici juste quelques explications, et peut-être comprendrez-vous.


Les Arméniens ont appris avec les années à faire revivre et entretenir les catastrophes de leur histoire : le génocide arménien au début du 20eme siècle, le tremblement de terre de 1988, la guerre du Karabakh qui les opposaient a l’Azerbaïdjan, l’effondrement de l’empire soviétique. Oui, pour un petit pays, le passé est lourd et tout n’a pas toujours été facile. Mais bien d’autres pays ont connu de tels événements tragiques. En Iran, il y a dernièrement eu le tremblement de terre de Bam en 2003, pendant 8 ans l’Iran et l’Irak ont mené une terrible guerre, personne ne nous en a parlé et ne s’est lamenté sur ces épisodes malheureux. Au Kirghizstan, la situation économique est déplorable, quand au même moment l’Arménie enregistre une des plus forte croissance d’Europe, les Kirghizes ne se sont jamais plaints, au pire évoquaient-ils la situation sans tomber dans la complainte. La guerre, de nombreux pays l’ont connus.

Le nombre considérable d’ONG et d’organisations internationales présentes dans le pays nous donne le sentiment que cet apport de l’aide internationale conforte les Arméniens dans leur plainte. Non pas que ces ONG ne soient pas nécessaires, elles font souvent le travail que le gouvernement local ne peut et ne veut pas faire, mais on peut se poser la question des effets pervers de cette omniprésence d’ONG sur le comportement de la population.

Déjà, les premiers jours dans le pays nous donnent à observer cette ambiance, sans vraiment la comprendre. Nous sommes invités un soir dans une famille, et la pièce se remplie rapidement des voisins, du frère et des amis. La table se garnie de spécialités dolma, confitures, fruits séchés pain lavash, pourtant l’atmosphère est pesante. Tout le contraire d’une fête Oui, le frigo – qui ne fonctionne pas – est vide mais le grand téléviseur est neuf et les téléphones portables sonnent. Aux yeux de ces personnes, nous sommes deux voyageurs excentriques et surtout un pont vers l’Europe : le frère s’attelle a nous expliquer qu’il a dans sa famille un oncle éloigné qui vivrait a Paris, il semble bien décidé a le retrouver ?. Quand à la voisine, elle nous dit que la petite Elena 4 ans ! ira faire ses études en France Bon...

De cette soirée, nous commençons à comprendre que ‘’l’étranger’’ représente plus que simplement une connaissance exotique ! C’est une opportunité d’argent. Nous apprenons aussi que le salaire d’un médecin d’hôpital s’élève a 56 dollars, pas de quoi vivre dans le pays, même célibataire. Et pourtant, la bonne majorité des gens mange. Comment donc ?

D’une part, il y a la corruption a tous les étages pour compléter les salaires : ici, on achète son prochain examen universitaire, la on fait de beau cadeaux pour pouvoir espérer exercer son métier, la encore on laisse un billet pour ne pas repartir avec une contravention. Le plus grave, c’est que, même chez les jeunes, ça ne choque pas. Lorsque nous demandons s’ils pensent que ça peut changer, on nous répond ben non, pourquoi ? Fatalisme quand tu nous tiens !


Et d’autre part, il y a toujours le frère qui travaille en Russie ou la tante qui habite à Marburg en Allemagne. La poste se charge de faire les intermédiaires. Imaginez vous que 3,1 millions de personnes vivent en Arménie tandis qu’environ 10 millions d’Arméniens de la diaspora vivent à l’extérieur. Ainsi on comprend mieux pourquoi, dans des quartiers tout sauf touristiques, il y a autant de bureaux de change. Et lorsqu’on ose jeter un œil dans le porte-monnaie de son voisin de queue, on aperçoit les fameux billets verts en provenance des Etats-Unis. En principe, ce genre d’entraide familiale est plus que louable et l’esprit de communauté est une qualité que l’on doit reconnaître aux Arméniens. Mais nous pensons que c’est précisément ce fleuve d’argent qui aboutit à des comportements et des discours que nous avons trop souvent entendus : l’Arménie est une nation qui a souffert et qui souffre encore, aidez-nous . Bien sur, il est plus facile de regarder le passé que de se tourner vers l’avenir. Il est plus facile de provoquer la pitié que de se prendre en main. Il est plus facile d’attendre que de prendre les devants. Alors, cet esprit d’entraide n’est elle pas au bout du compte le terrain propice à une forme de passivité ?

Conclusion avec le coté sombre du pays, car Yerevan brille de tout coté avec ses belles voitures de luxes et ses 4*4 de chez Porsche ou Hummer, ses jeunes femmes perchées sur leurs hauts talons, sac à main et veste en fourrure parachevant le tout. L’importance de l’apparence est effrayante à voir : ainsi la femme qui vend ses légumes dans la rue explique à Xavier, après s’être assurée que mon accompagnatrice était bien une femme, qu’Ariane devrait avoir les cheveux longs, c’est qu’Ariane ne porte ni jean moulant, ni chaussures à talon, n’a pas de cheveux longs et encore moins un maquillage flamboyant. A la place, les chaussures de sport très pratiques dans la neige d’ailleurs sont une véritable infraction à la mode locale. Peu importe dans le métro comme dans les cafés, sur le marche ou chez le coiffeur. Nous avions l’habitude d’être vus et regardés comme des étrangers depuis que nous sommes partis de Mongolie, normal. Mais ici les rires et regards déplacés en deviennent parfois irrespectueux.


Il ne vous est pas difficile de comprendre que nous ne nous sentons pas à notre place en Arménie et avons du mal à apprécier cette pause. Mais c’est justement dans ce contexte que l’on se surprend à jouir de situations banales. On s’entend dire Devines, on m’a dit bonjour aujourd’hui dans le bus ! ou le boucher de la rue m’a fait un sourire , ah oui, on ne vous avait pas tout dit sur l’attitude des gens. Car, si les Arméniens sont agréables, souriants et blagueurs lorsqu’on les connaît un peu... ils ont plutôt des mines tristes et sont peu polis envers tout inconnu.

Un grand rayon de soleil fut Ina et Hovik, des amis rencontrés en Suède. Leur karaoké et Hotel California nous ont fait oublié pour un temps la tristesse ambiante. Une escapade dans le village de Hovik nous fait un peu plus découvrir la vie rurale et la simplicité des gens de la terre, tout à leur honneur. Leurs confitures et noix accompagnent chacun de nos petits déjeuners !

L’Arménie aurait pu facilement conquérir nos cœurs, car nous avions plus d’une fois eu des nuits bien froides avant d’arriver à Yerevan ; nous attendions l’appartement chauffé, le plaisir de poser une bougie sur le rebord d’une fenêtre et de préparer Noël. Mais cette expérience nous a appris une chose : le bonheur n’est pas toujours confortable.

Au final, nous ne regrettons pas cet arrêt car nous avons aussi beaucoup appris, nous avons eu de nombreuses discussions à vrai dire chaque jour sur les situations auxquelles nous étions confrontés quotidiennement. Avons-nous avancé dans notre acceptation de la différence ? Oui, même si ce fut difficile. Une expérience négative n’en demeure pas moins une expérience enrichissante.


Pour la suite, nous comptons repartir autour du 15 février si la neige nous le permet, direction la Georgie puis la Turquie. Le Mont Ararat, que nous apercevons depuis Yerevan, nous appelle chaque jour un peu plus.

Ariane & Xavier (Arménie, le 26/01/2006 )


 
 
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