Voyage à vélo couché de 1 an à la découverte des agricultures et alimentations de la Mongolie, Chine, Kirgiztan, Ouzbekistan, Turkmenistan, Iran, Arménie, Géorgie, Turquie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Autriche, Allemagne, France, découverte, vélo, couché, bent, cyclotourisme, cyclo

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"La vie est un voyage, il suffit d'être prêt pour que l'occasion se présente" [proverbe mongol]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Les nouvelles

... postées en Kirghizstan


Entre naan et pain noir.

Nous y sommes ! Ou ? A Bishkek, capitale du Kirghizstan a quelques dizaines de kilometres du grand voisin Kazak. Enfin, car nous attendions cette ville pour faire un repos prolonge dans un environnement nous offrant un confort a "l'europeenne", surtout cote alimentation ! Mais revenons sur notre decouverte du Kirghizstan...

Nous avons quitte Osh et la vallee du Ferghana, ou la moitie des habitants du pays y est concentree. Normale, la fertilite de cette vallee a toujours attire du monde au point d'etre une pomme de discorde avec le voisin Ouzbek, les decoupages de frontieres faits par Staline dans les annees 20 n'arrangeant rien a la situation. Le commerce a Och est d'ailleurs majoritairement controle par des Ouzbeks (de nationalite ouzbek mais citoyen kirghize... c'est a dire avec un passeport kirghize). L'ambiance est clairement orientale, avec ces salons de thes (tchaikanas) ou l'on prend le temps de savourer un the chaud sucre, ce bazar de Jaima sur pres de 1 km qui est un concentre de nos Carrefour, Castorama, Kiabi et autres magasins... mais en bien plus anime et attrayant. Et puis tout ces sourires qui exhibent des dentitions dorees. Ici, le precieux metal est roi... et l'age se compte presque au nombre de dents en or.


Laissant donc Osh derriere nous, nous decidons de quitter la route principale pour prendre un "raccourci". Nous partons donc sur une petite route asphaltee qui nous fait progressivement prendre de l'altitude, traversant de nombreux villages et anciens kolkhozes. Mais bientot, plus de bitume, seule une piste poussiereuse et pentue a souhait. "On a vu pire" pense-t-on... et on nous assure que c'est la bonne direction. Nous naviguons ainsi pendant 3 jours au milieu d'un massif ou les chemins partent en tout sens (montee, descente, droite, gauche !!) et ou bien souvent nous devons nous faire confirmer le chemin. On pousse beaucoup le velo , on profite des descentes toujours trop courtes... puis on remonte.

Nous sortirons finalement de ces montagnes russes en empruntant des chemins pas plus larges que nos velos, Ariane se demandant meme si "on aurait pas du emporter une machette ?". Bref, ce fut difficile... mais au moins les rencontres en valaient la chandele !

Ce fut d'abord Alina, avec sa merveilleuse salade de betterave et son beurre sale (comme en Bretagne !), accompagnes de pain et de the chaud. Institutrice dans le village de 30 foyers, elle est au petit soin pour nous. Dans la chaleur ambiante, et devant les difficultes du terrain, on a une fois de plus enormement apprecie !

Mais ce fut surtout Kelgenbai, cet homme surgit de nulle part un soir dans une montee et qui nous aida a pousser nos velos, avant de nous proposer de venir chez lui. Allons-y... pensant trouver comme a l'habitude un foyer avec plein d'enfants et une femme a la cuisine. Mais nous trouverons simplement une cabane de 20 metres carres faite de terre et de paille, un enchevetrement de branchages faisant office de "porte". Deux pieces en tout et pour tout, une pour manger et dormir (un petit poele, une lampe a petrole, quelques couverts, des couvertures et une radio) et une pour stocker la production de pommes, une poele grasse et peu reluisante et ses trois outils de jardinage. Nous avons plus de chose dans nos remorques que lui dans sa maison !

On se sent peu a l'aise a l'idee de manger ici, d'abord parce qu'il n'a pas grand chose a manger (on ne veut pas puiser dans ses reserves)... ensuite parce que les conditions sanitaires nous font peur (Typhus... ). Nous deposons discretement nos propres tasses pour le the, nous evitons la petite cuilliere qu'il nous propose... puis vient l'heure de preparer le repas. Nous pretextons d'avoir mange et ne pas avoir faim. Erreur !! Kelgenbai se faisait une joie et un honneur de nous avoir invite, nous le vexons terriblement.

Tres bien, nous allons manger. Etre l'hote d'un kirghize et refuser a manger ne se fait tout simplement pas ! Difficile position dans laquelle nous nous retrouvons mais nous realisons finalement que nos peurs sont peu fondees et qu'il faut profiter au maximum de cette rencontre. Nous l'aidons donc a preparer le repas fait de pates et de legumes tout frais de son jardin, un regal. Nous participons aussi a notre maniere au repas en deposant sur la nappe au sol des cacahuetes et abricots secs. Nous passerons un tres bon moment et le quitterons le lendemain matin avec nos sacoches emplies de tomates, pommes et pain. Kirghize jusqu'au bout !

Cet episode nous aura d'abord rendu tres tendus, puis malheureux pour finalement en retirer une grande joie... Tendu a l'idee de devoir manger dans ces conditions, malheureux de l'avoir terriblement decu par nos refus, mais surtout jouyeux d'avoir fait plaisir a un homme empli de solitude. Nous ne lui avons rien donne si ce n'est notre presence a sa table. Il nous a tout donne : ses reserves, sa couche pour dormir, son feu de bois. Lecon d'hospitalite !


Quelques jours apres, nous nous embarquons a l'assaut des montagnes du centre du Kirghizstan. Pour y penetrer, il nous faudra tout d'abord passer un col de 3064 metres ou un vent terrible souffle. Pas le temps d'apprecier la descente que nous revoila a monter et devaler successivement, et pendant 2 jours durant, souffrant autant physiquement que psychologiquement sur ces tres mauvaises pistes. Physiquement... on s'y attendait. Mais c'est surtout l'absence d'habitations et de gens qui rend cette partie mentalement difficile. Il faut vivre ces moments pour se rendre compte a quel point la rencontre est source de bonheur et d'enrichissement... bref, un moteur pour avancer sur les routes et dans la Vie !

En arrivant a Naryn, ville moyenne du pays, nous avions en tete de faire prolonger notre visa. La demarche consiste a se presenter a l'OVIR, un service de l'etat, et de payer 350 Soms (7 euros) en echange d'un coup de tampon salvateur. Mais a la place de cela, l'homme de l'OVIR nous conduit au Ministere des Affaires Etrangeres ou une dame engoncee dans son fauteuil nous explique qu'il en coute 65 US dollars par personne. Nous repetetons qu'il s'agit bien d'une prolongation de visa, et non de l'achat de celui-ci. La corruption sent a plein nez dans ce bureau ou le gars de l'OVIR fait mine de ne rien avoir a faire avec cette magouille, la dame repetant que c'est le prix, papier a l'appui !!! Nous quittons le bureau en rage mais bien decide a ne pas y laisser un dollar. Nous ferons les demarches une semaine apres a Bishkek, il nous en coutera chacun 350 Soms...

Nous savions que la corruption existait, nous en avons eu un bel exemple... exemple de comment les admistrations fonctionnent ici, exemple de lourdeur administrative... et d'un coup nos admistrations francaises nous paraissent tres performantes ! Car ici pour obtenir quelque chose, il faut tout a la fois savoir faire preuve de patience, de pugnacite et de pas hesiter a "gueuler" un bon coup.


Petite devinette... que transportons-nous comme objets inutiles pour le voyage sur des centaines de kilometres dans nos remorques ? Reponse : un tapis et 4 paires de chaussons ! Suite a la visite du magasin de l'association "Altyn Kol", nous repartirons charges d'artisanat local. C'est que cette association, exclusivemnent dirigee par des femmes, est un modele de developpement et de reussite. En vendant directement la production des femmes de la region, elle fait vivre des dizaines de foyers en s'attachant a conserver son independance et une grande qualite de produits. Familles, amis, a notre retour, vous serez accueillis chez nous avec de beaux chaussons en feutre epais du Kirghizstan et vous pourrez vous etendre sur un jolie Shyrdak, le tapis traditionnel kirghize !


Changement de decor, en descendant de Naryn vers Bishkek, nous avons presque le sentiment de penetrer dans un autre pays. Sur les routes, les vieilles Lada et autres modeles russes font progressivement place aux Mercedes, Audi ou Nissan. Des tetes blondes aux yeux bleux apparaissent au bord des routes. Les charettes a anes se font rares. Les routes sont bonnes (oh que c'est bon !!). Des usines et grands complexes industriels en pietre etat, le plus souvent a l'abandon, se dressent de temps en temps a l'horizon. Nous sommes entres dans le Kirghizstan du nord, ou l'influence russe est clairement visible.

En passant une semaine a Bishkek (repos, entretien des velos, manger, manger, manger...), on touche du doigt cette grande Russie voisine, qui, il y a seulement 14 ans, etait l'URSS dont les stigmates n'ont pas disparu : les grandes avenues et immeubles sovietiques forment le centre ville de la capitale, tout le monde, jeune et mois jeune, parle la langue de l'ex-colonisateur, les hotels sont geres "a la mode" russe), les etales de naans orientaux se partagent le pave avec les pains russes.

Un petit tour a l'ambasse de l'Ouzbekistan pour faire nos visas... quelques heures d'attente et d'enervement devant une administration aux modes de fonctionnement bien etranges... si tout va bien, nous recuperons les visas aujourd'hui et quittons demain pour retraverser le Kirghizstan par sa partie ouest. Un petit col a 3500 metres, mais la route est bonne nous a-t-on dit... et nous entrerons dans une semaine dans notre prochain pays par la vallee du Ferghana, cote Ouzbek cette fois-la.

PS : Merci a tous pour vos messages d'encouragements !

Ariane & Xavier (Kirghizstan, le 23/09/2005 )


Le pamir nous accueille au Kirghizstan

Pays de montagne par excellence, le Kirghizstan n'a pas attendu le second jour pour nous le prouver. Nous sommes entres dans cette petite republique d'Asie centrale par sa partie sud, au milieu des contreforts du Pamir, formant l'extremite ouest de la chaine himalayenne.

Apres un passage de frontiere sans probleme, nous retrouvons rapidement les routes/pistes qui nous rappellent avec plaisir la Mongolie. On y croise de nombreux camions charges d'acier usage (pieces de camions, radiateur,...) qui s'achemine vers la Chine, grosse consommatrice d'acier. Nous sommes effares par les conditions de transports, des pieces de metals tombant regulierement sur la route ou dans le bas cote... et quelle depense d'energie (petrole !) pour acheminer quelques tonnes de metaux a travers ces montagnes dont les cols depassent 3600 metres !!! Le cours de l'acier doit etre interessant...

Le second jour, nous sommes invites a passer la fin de journee, puis finalement la nuit, dans la yourte de Abdulkalk. Nous decouvrons l'interieur depouille et simple de la yourte kirghize, la gentillesse vraie de cette famille et goutons a nos premiers mets khirgizes. La yourte se trouve a 3000 metres en face de la chaine du pamir, non loin du Tadjikistan. Nous sommes veritablement sous le charme de ce cadre extraordinaire, un balcon d'ete ou 100 Monts-Blancs se dressent devant nous.

Nous participons aux taches (traite, fabrication de la creme, ramassage des bouses,...). Apres le repas fait de pain, de soupe et de produits laitiers, la yourte se tranforme au chambre a couche. On installe couvertures et draps, la meme ou nous avons mange juste avant. Le bonnet est de rigueur, il fera -4 cette nuit. Nous nous endormons en pensant a ces belles montagnes devant nous, hors de la yourte. Nous pensons aussi a cette famille qui nous accueille avec simplicite et beaucoup de curiosite. Bientot, ils quitteront ce paturage d'ete pour rejoindre leur maison en vallee.

Au petit matin, nous partageons le petit-dejeuner ensemble et avons droit a un plat de choix : de la marmotte ! Gras et fort en gout, comme une viande de gibier de nos campagne, Xavier l'appreciera... Ariane moins. En tout cas, elle nous tiendra bien le ventre, puisque nous ne mangerons pas de la journee, si ce n'est quelques abricots et figues seches.

Nous quittons la yourte apres de grande embrassades, Abdulkalk semble plus emus que nous. C'est la premiere fois que nous avons le sentiment d'avoir en face une personne qui a autant profite de la rencontre que nous, de par sa curiosite, toutes ces questions posees sur nos pays et sur la Mongolie (comment sont les yourtes la-bas ? combien on-t-il d'enfants ?).

La premiere impression sur le Khirghizstan et ses habitants est tres positive, les gens sont beaucoup plus discrets et reserves... ils nous laissent souffler lorsque l'on pose le velo quelque part. Pourvu que ca dure !


En rejoignant Osh, seconde ville du pays, nous decouvrons les villages et petites villes faites de maisons en bois ou en betons, joliment fleuries. Chacun ou presque possede un jardin, les rues sont propres et la serenite regne. Nous avons le sentiment de nous rapprocher de "chez nous", de part ces villages qui pourraient etres certains villages de nos campagnes. Et toujours ces montagnes... un semblant de Suisse.

Depuis Osh et la vallee du Ferghana kirghize chaud et grillee, nous partons demain pour remonter vers le nord puis plein ouest pour rejoindre Narin puis Bishkek. On a hate de retrouver l'air frais des montagnes.

A bientot avec des nouvelles...

Ariane & Xavier (Kirghizstan, le 04/09/2005 )


 
 
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